En 1980, JJ écrit pour plusieurs artistes : Janic Prévost, Jocko (Elli Medeiros) sous le pseudonyme de "Sweet Memories". Il compose également pour Anne-Marie Batailler. Le hasard fera que grâce à cette artiste, JJ deviendra celui que l'on saît. Anne-Marie Batailler chante un titre de JJ à la télévision. L'éditeur Marc Lumbroso accroche avec cette chanson et se renseigne sur l'auteur-compositeur. Il appelle JJ et lui demande de lui envoyer des maquettes. Son attention se porte sur "Il suffira d'un signe". Mais la chanson n'intéresse pas les maisons de disques. Lumbroso va y aller au forcing avec Philippe Duwape alors directeur d' EPIC. En 1981, la chanson entre en radio et va cartonner : 500000 exemplaires vendus.
On note toutefois une divergence sur l'histoire de cette chanson puisque Goldman déclare que le premier à avoir accroché sur la chanson serait un directeur artistique, Joël Gilbert, qui "sa part dans le démarrage de l'album".
De là découle le premier album de JJ qui devait s'appeler "Démodé", mais sûrement pas assez optimiste aux yeux d'EPIC qui l'intitulera sobrement "Jean-Jacques Goldman". Outre "Il suffira d'un signe", sortira "Quelque chose de bizarre", puis en live 99 "Le rapt".
A propos de "Sans un mot" : "On était d'une génération de parents pour qui l'essentiel était d'avoir des biens, d'avoir une éducation, d'avoir des choses, et nous, on ne pensait qu'idées et idéaux". (RTL 1991).
A propos de "Pas l'indifférence" : "La négation de soi-même, puisque c'est dans l'autre que l'on est le plus soi. L'indifférence est une maladie et elle n'arrive jamais par hasard. C'est une erreur, une carapace, une mutilation qui a eu lieu très tôt. Emmanuel Levinas [philosophe contemporain] a écrit de belles pages sur ce sujet. En vieillissant, en se confrontant sans cesse à l'expérience, à soi-même, on devient plus tolérant, me semble-t-il. Je crois toujours en l'idéal d'une société plus juste. Les sociétés les plus justes sont, de fait, les plus humaines. Inutile d'expliquer pourquoi il y a moins de tortionnaires en Suède qu'au Rwanda. Il me semble qu'en France, le problème majeur est le dysfonctionnement de l'Education Nationale qui n'arrive plus à bousculer les inégalités de départ. Ces quartiers entiers où les mômes vont à l'école sans y croire, c'est cela aussi l'indifférence". (1996)
A propos de "Il suffira d'un signe" : "Sur le premier album, j'avais fait des tas de chansons auxquelles je croyais pour être le premier simple qui allait marcher, et dont on n'a jamais entendu parler, et il y avait une chanson que j'avais faite pour me faire plaisir qui s'appelait "Il suffira d'un signe", qui n'avait aucune chance en 45 T parce qu'elle fait cinq ou six minutes sur l'album, et c'est celle qui a marché, et à partir de ce moment-là, je me suis dit qu'il fallait vraiment que je me fasse plaisir". (RTL 1991)
Commentaires JJ : Je note qu'il comprend des chansons que j'ai souvent reprises par la suite sur scène. C'est un album dont je suis évidemment critique sur la forme, pleine d'erreurs, mais que je trouve, sur le fond, assez cohérent. (Chorus n°54).
==> "Démodé" : 500.000 exemplaires.
==> "Il suffira d'un signe" : 500.000 exemplaires (single).