C'est logiquement seul que Goldman repart en tournée dans toute la France et dans quelques pays étrangers (Madagascar, Suisse, Belgique...du 18 mars 1998 au 05 juin 1999). Goldman fait son entrée seul sur la chanson phare de l'album « en passant », « On ira ». Les musiciens le rejoignent au milieu de cette chanson. « Bonne idée » apparaît moins réussie que dans sa version studio, manquant cruellement d'entrain. Et si « la vie par procuration », toujours dans des arrangements acoustiques, ne donne pas le plaisir escompté, il faut attendre la quatrième chanson « Ne lui dis pas » pour que le concert démarre véritablement. Sur cette chanson, Gildas Arzel a donné à Goldman l'idée d'utiliser une flûte irlandaise (qui est jouée par Christophe Nègre). Excellente idée qui donne une consistance supplémentaire à une chanson déjà proche de la perfection dans les versions « Rouge » et « Du New Morning au Zénith ». A la fin de la partie chantée, JJ accompagnera C. Nègre au violon, l'un des meilleurs moments du concert.
L'ambiance retombe quelque peu avec la chanson « Tout était dit » (il était évident que les chansons d' « en passant » n'étaient pas faites pour la scène »). Heureusement, le public a l'occasion de retrouver quelques classiques grâce à « Elle attend », certes pas très différente des précédentes versions. Mais il est toujours agréable de réentendre ces chansons qui nous affectionnons tant.
Comme souvent, Goldman aime revisiter d'anciennes chansons oubliées. Il l'avait fait avec « Jeanine médicament blues » lors de la tournée 94-95. Cette fois-ci, il choisit une chanson datant de 1981, « le rapt », qui sortira d'ailleurs en troisième single. Cette version inédite live est une réussite.
« Pas toi », premier single, sera joué dans divers styles musicaux (acoustique, reggae, rock, rap, tango, New Orléans). Cela lui a été inspiré par les nombreuses maquettes de ses propres chansons que d'autres jeunes artistes ont revisitées et envoyées à JJ. « Elle a fait un bébé toute seule » enchaîne dans une version relativement classique et « Le coureur » n'apporte aucun plaisir particulier même si c'est la chanson que JJ préfère jouer sur cette tournée.
« Là-bas » : le public l'avait réclamé sur un live. Il faudra attendre 1999 pour que l'on retrouve cette chanson sur un album live. Le public chantera sur la partie de Sirima, les paroles étant projetées sur un écran à la manière d'un karaoké. Il y a 15 ans Sirima nous quittait.
Autre moment intense du spectacle, lorsque JJ entame un solo de violon seul, sans musiciens, sur « Natacha ». Préalablement, sur la partie chantée, Claude Le Péron était à l'accordéon, une première pour lui. On termine la première partie du spectacle avec « Quand tu danses », très belle version.
La deuxième partie du concert est résolument plus rock. « A nos actes manqués », puis « Nos mains » (deuxième single) sont superbes. « Je te donne » est un peu décevante même si l'on peut voir une simulation sur écran de toute la vie de JJ et Michael Jones, jusqu'au jour où ils auront plus de 80 ans. « Peur de rien blues » envoie vraiment bien sur cette tournée, le saxo de Nègre apportant un plus non négligeable et « Au bout de mes rêves » vient clore une ambiance rock très agréable.
La pression retombe ensuite avec le medley « Il suffira d'un signe / Quand la musique est bonne » avec une introduction sous la pluie. « En passant » sera jouée lors des premiers mois du concert, puis sera enlevée, Goldman trouvant qu'elle n'avait pas sa place dans la track list. Le spectacle se termine avec la magnifique « Sache que je » qui ne perd pas sa force en live. Goldman conclut enfin avec « Pour que tu m'aimes encore », seul avec sa guitare. Quelques fois, il jouera à la place « Famille » ou « Je marche seul ».
Ce spectacle était plus apparenté à un concert. Peu d'artifices, peu de mise en scène, juste 6 musiciens sur scène enchaînant des chansons toujours avec le même plaisir, comme dans un piano-bar.
En mars, Goldman participe aux Victoires de la Musique en venant chanter en trio avec Johnny Hallyday et Pascal Obispo.
L'été 98 sort "Personne ne saurait" de Goldman pour le texte, et Jacques Veneruso pour la musique. La chanson est interprétée par les Poetics Lovers et Carole Fredericks. "Respire" est également une autre composition adressée à cette dernière. "Comment concilier les goûts de Carole (Blues, Gospel) et les formats des radios ? Tentative reggae...Sans succès malheureusement". (Chansons pour les autres-2006-).
Septembre 98 marque le phénomène Johnny Stade de France. Goldman est convié à chanter en duo le temps d'un titre sur "J'la croise tous les matins" dont il est l'auteur-compositeur. Impressionné par le fait de chanter devant 80.000 personnes, stressé, ses prestations sont jugées par lui-même décevantes. A la diffusion du concert quelques jours plus tard sur TF1, Goldman fait couper sa prestation au montage (le reste du concert sera diffusé dans son intégralité). Que les fans se rassurent, JJ se trouve bien sur le cd audio et sur le dvd.